Des textes pour méditer

prier

Saint Augustin

 

Bien tard je t’ai aimée, Ô beauté

Bien tard je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même,
nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur,
et vivante sera ma vie toute pleine de toi.
Mais maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis,
n’étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi.
Il y a lutte entre mes joies dignes de larmes
et les tristesses dignes de joie ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.
Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises
et les bonnes joies ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.

Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi.
Ah ! malheureux ! voici mes blessures, je ne les cache pas :
tu es médecin, je suis malade ;
tu es miséricorde, je suis misère.
N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ? […]
Et mon espérance est tout entière uniquement
dans la grandeur immense de ta miséricorde.
Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […]
Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins,
ô charité, mon Dieu, embrase-moi !

 Confessions, X, 27, 38-29, 40
BA 14, p. 209-213.

La perle de l’Amour

Si dans cette épître Jean paraît dire telle ou telle chose, il revient toujours à la charité et veut y rapporter tout ce qu’il aura dit.

En tous les cas, maintenant la chose est claire d’après ce qu’il dit : tout homme qui n’est pas juste ne vient pas de Dieu, non plus, dit-il, que celui qui n’aime pas son frère (I Jn 3, 10). Ainsi c’est l’amour seul qui différencie les fils de Dieu et les fils du diable. Qu’ils se signent tous du signe de la croix du Christ ; qu’ils répondent tous : « Amen » ; qu’ils chantent tous : « Alléluia » ; qu’ils soient tous baptisés ; qu’ils entrent dans les églises ; qu’ils s’entassent dans l’enceinte des basiliques : les fils de Dieu ne se distinguent des fils du diable que par la charité. Ceux qui ont la charité sont nés de Dieu ; ceux qui ne l’ont pas, ne sont pas nés de Dieu.

Il est grave, le jugement ainsi porté ; elle est grave la discrimination ainsi opérée. Aie tout ce que tu veux ; si cela seul tu ne l’as pas, rien ne peut te servir à quoi que ce soit. Mais si tu n’as pas le reste, possède la charité et tu auras accompli la Loi. Celui qui, en effet, aime l’autre, a accompli la Loi, dit l’Apôtre, et : la plénitude de la Loi, c’est la charité (Rm 13, 8-10). Voilà, je pense, cette perle dont le marchand que nous décrit l’Évangile était en quête : il trouva une seule perle et vendit tous ses biens pour l’acheter. Cette perle de grand prix, c’est la charité, sans laquelle tous les biens que tu possèdes ne te servent à rien ? Si tu n’as qu’elle, elle te suffit.

Maintenant tu vois avec la foi ; au jour du jugement, tu verras face à face. Si, en effet, nous aimons lorsque nous ne voyons pas, avec quel empressement accueillerons-nous Dieu lorsque nous l’aurons vu ! Mais, où donc trouver à nous y exercer ? Dans l’amour de nos frères. Tu peux me dire : « Je n’ai pas vu Dieu. » Peux-tu me dire : « Je n’ai pas vu d’homme » ? Aime ton frère. Si, en effet, tu aimes ton frère que tu vois, tu verras Dieu en même temps parce que tu vois la charité elle-même et que Dieu habite en elle.
 
Homélies sur la première épître
de saint Jean V, 7
BA 76, p. 227-229.

 
 

St François d’Assise

 
Cantique de frère Soleil ou des créatures
Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
À toi louange, gloire, honneur,
Et toute bénédiction ;
à toi seul ils conviennent, ô Très Haut,
Et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
et très humble précieuse et chaste.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.
Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :
Heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
Loué sois tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire
Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez lui grâce et servez le
en toute humilité !
 
Prière pour la paix
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant
A être consolé qu’à consoler,
A être compris qu’à comprendre,
A être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
C’est en oubliant qu’on se retrouve soi même,
C’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
C’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.
 
 

Abbé Pierre

 
Pèlerins d’Emmaüs
Seigneur Jésus, souviens-toi
de cette petite maison là-bas à Emmaüs,
et du bout du chemin qui y conduit quand on vient de la grand-route.
Souviens-toi de ceux qu’un soir, tu abordas là-bas,
souviens-toi de leurs cœurs abattus,
souviens-toi de tes paroles qui les brûlèrent,
souviens-toi du feu dans l’âtre auprès duquel vous vous êtes assis,
et d’où ils se relevèrent transformés, et d’où ils partirent vers les prouesses d’amour…
Regarde-nous.
Vois, nous sommes tous pèlerins d’Emmaüs,
nous sommes tous des hommes qui peinent dans l’obscurité du soir,
las de doutes après les journées méchantes.
Nous sommes tous des cœurs lâches, nous aussi.
Viens sur notre chemin, brûle-nous le cœur à nous aussi.
Entre avec nous t’asseoir à notre feu…
Et qu’exultant de joie triomphale, à notre tour, nous nous relevions pour bondir révéler
 
Abbé Pierre

 
 

Sœur Emmanuelle

 
Seigneur, accorde-moi cette Grâce :
que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur,
mais que j’arrive à parler santé, joie, prospérité
à chaque personne que je vais rencontrer,
pour l’aider à découvrir les richesses qui sont en elle.
Aide-moi surtout, Seigneur,
à savoir regarder la face ensoleillée
de chacun de ceux avec qui je vis.
Il m’est parfois si difficile, Seigneur,
de dépasser les défauts qui m’irritent en eux,
plutôt que de m’arrêter à leurs qualités vivantes,
dont je jouis sans y prendre garde.

Aide-moi aussi, Seigneur,
à regarder ta Face ensoleillée,
même en face des pires événements :
il n’en est pas un qui ne puisse être source
d’un bien qui m’est encore caché, surtout si je m’appuie sur Marie.

Accorde-moi, Seigneur,
la Grâce de ne travailler que pour le bien,
le beau et le vrai, de chercher sans me lasser,
dans chaque homme, l’étincelle
que Tu y as déposée en le créant à ton image.

Accorde-moi encore d’avoir autant d’enthousiasme
pour le succès des autres que pour le mien,
et de faire un tel effort pour me réformer moi-même
 que je n’aie pas le temps de critiquer les autres.

Je voudrais aussi, Seigneur,
que tu me donnes la Sagesse de ne me rappeler les erreurs du passé
que pour me hâter vers un avenir meilleur.
Donne-moi, à toute heure de ce jour,
d’offrir un visage joyeux et un sourire d’ami
à chaque homme, ton fils et mon frère.

Donne-moi un coeur 
trop large pour ruminer mes peines,
trop noble pour garder rancune,
trop fort pour trembler,
trop ouvert pour le refermer sur qui que ce soit.

Seigneur, mon Dieu,
je Te demande ces Grâces pour tous les hommes
qui luttent aujourd’hui comme moi,
afin que diminue la haine et que croisse l’amour,
car depuis ta Résurrection,
la haine et la mort ont été vaincues par l’Amour et la Vie.

Ouvre mes yeux à l’invisible 
pour que rien n’arrive à ébranler l’optimisme
de ceux qui croient en Toi 
et qui espèrent en l’Homme. Amen.
 
Soeur Emmanuelle

 
 

Khalil Gibran

 

Alors Almitra dit:
Parle-nous de l’Amour.
Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s’étendit sur eux. Et d’une voix forte il dit :
Quand l’amour vous fait signe, suivez le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il vous fait croître, il vous élague.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.
Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.
Toutes ces choses, l’amour l’accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.
Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour.
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l’amour vous moissonne,
Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.
L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.
Car l’amour suffit à l’amour.
Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, « Dieu est dans mon cœur », mais plutôt, « Je suis dans le cœur de Dieu ».
Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirige votre cours.
L’amour n’a d’autre désir que de s’accomplir.
Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu’ils soient ainsi:
Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur de trop de tendresse.
Etre blessé par votre propre compréhension de l’amour;
Et en saigner volontiers et dans la joie.
Se réveiller à l’aube avec un cœur prêt à s’envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d’amour;
Se reposer au milieu du jour et méditer sur l’extase de l’amour;
Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude;
Et alors s’endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
 
« L’Amour » extrait du livre « Le Prophète »

 
 

Madeleine Delbrel

 
Comme une fête sans fin

Seigneur, viens nous inviter.
Fais-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d’échecs
Où tout est calculé,
Non comme un match
Où tout est difficile,
Non comme un théorème
Qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin,
Où ta rencontre nous renouvelle,
Comme un bal,
Comme une danse
Entre les bras de ta grâce,
Dans la musique universelle de l’amour.

Nous autres, gens des rues

Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne retire pas du monde.
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont des gens de la vie ordinaire.
Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Ils aiment la porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis, est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné.

 
Le silence

Pourquoi le vent dans les pins, la tempête sur le sable, la bourrasque sur la mer seraient-ils silence et non pas le pilonnage des machines à l’atelier, le grondement des trains en gare, le brouhaha des moteurs au carrefour ?
Ce sont ici comme là les grandes lois qui jouent, bruissement de la création qui nous enserre.
Pourquoi le chant d’une alouette dans les blés, le crissement des insectes dans la nuit, le bourdonnement des abeilles dans le thym nourriraient-ils notre silence et non pas les pas des foules dans la rue, les voix des femmes au marché, les cris des hommes au travail, le rire des enfants au jardin, les chansons qui sortent des bars ? Tout est bruit des créatures qui s’avancent vers leur destin, tout est écho de la maison de Dieu en ordre ou en désordre, tout est signal de la vie à la rencontre de notre vie.
Le silence n’est pas une évasion, mais rassemblement de nous-mêmes au creux de Dieu.
Le silence n’est pas une couleuvre que le moindre bruit fait fuir, c’est un aigle aux fortes ailes qui surplombe le brouhaha de la terre, des hommes et du vent.

 
 

Prier le chapelet

 
La prière du chapelet ou prière du Rosaire est à la fois une prière et une méditation Biblique. C’est une méthode de méditation dont le but est d’occuper entièrement l’esprit dans la contemplation divine, soit par la récitation des prières elles-mêmes, soit par la méditation des scènes évoquées par les passages bibliques proposés, soit… les deux à la fois.
 
Comment prier le chapelet ?
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